Le défi

Le défi

Le pourquoi de ce blog ?

Tout a commencé par ce fameux stage de Catherine Dumonteil-Kremer sur la parentalité positive « Vivre en Famille » il y a huit ans. Deux jours immergé avec une quinzaine d’autres personnes, qui découvraient peu ou prou ce que bienveillance voulait dire. Ma fille, qui devait avoir dans les 2 ans, s’exprimait par de très grosses colères à l’époque, et nous étions un peu désemparés. Avec ce stage, j’ai commencé à toucher les causes de mes réactions aux colères de ma fille, causes que je pouvais bien sûr puiser dans mon histoire familiale et dans la façon dont j’avais moi-même été éduqué.

Mais je ne vais pas vous parler ici de transmission culturelle des violences ordinaires – un sujet pourtant fascinant –  mais de la genèse de ce blog, ce qui m’anime à l’écrire.

J’étais donc allé à ce stage avec ma femme…

– Ah oui ?! T’aurais pas pu y aller tout seul comme un grand ?

– Ben heu…, si , enfin, non ! (smiley agacé). Bon il faut bien l’avouer, c’est elle qui a connu ce stage, elle qui m’en a parlé. Et c’est elle qui nous a inscrits.

– Et ce premier pas, tu l’aurais fait sans elle ?

– Heu… non, pas aussi tôt, pas dans ces conditions, je pense… (smiley qui boude un peu).

J’ai donc fait l’expérience, comme un grand nombre d’entre nous, que ce sont nos partenaires féminines qui sont les plus enclines à s’intéresser à l’éducation des enfants – ici pris au sens large : école, famille… – , à s’informer des limites de l’éducation traditionnelle, à comprendre les conséquences désastreuses de la violence ordinaire sur les enfants, mais aussi à partager et discuter des alternatives, des choix possibles et des modes d’action qui s’offrent à nous !

Ça se voit dans les formations 

A ce stage de parentalité positive, nous n’étions que 2 papas, venus en couple bien évidemment ! Et ça se voit aussi sur internet : beaucoup de blogs et sites d’informations sur le sujet sont propulsés par des femmes.

C’est donc la triste réalité, encore aujourd’hui : nos compagnes sont pour la majorité en charge de la question éducative dans les foyers. La crainte ultime, c’est que cette inégalité ne pourra que se perpétuer, voire se renforcer, si les pères ne s’intéressent pas plus à l’éducation de leurs enfants.

Le premier jour de ce stage, Catherine nous a proposé de formuler un défi, un objectif de changement qui pourrait aller dans le sens d’une parentalité bienveillante. Quelle douleur pour moi d’entendre ces nombreuses participantes ayant comme défi d’être soutenues par leurs maris… Y’a encore du boulot d’informations, de formation, de prises de conscience et de changements côté pères ! Nos compagnes ont souvent une bonne longueur d’avance, et ça m’attriste de rester à la traine.

Et là on a le choix :

– Se lamenter et se dire que « bon, ben c’est comme ça ! Ça fait bien 3000 ans que ça dure, c’est dans les gènes des humains quoi !  Dis, tu me passes le sel ? »

– Passer ses nerfs sur ces papas d’aujourd’hui, et leur jeter la pierre, parce qu’on l’a bien cherché, non ? (Depuis ces 3000 ans !)

Bon, pas sûr que ce soit une très bonne idée, car voyez-vous les cailloux sur le crâne ça fait drôlement mal, mais surtout, on voit apparaitre un truc vachement cool : le changement de mentalité à l’échelle du globe. Alors OK, c’est pas encore le paradis, mais on assiste quand même à un bourgeonnement des mouvements remettant en question les vieilles méthodes d’éducation « récompense ou sinon fessée », dénonçant le sexisme ordinaire, et bien d’autres…

– On peut aussi voir le verre à moitié plein, et observer l’intérêt croissant des hommes pour les questions de l’éducation, d’accueil des émotions, de bienveillance envers soi et les autres… C’est lent, super lent des fois, mais c’est en route ! Et qu’est-ce que ça fait du bien !!

J’ai donc choisi de me laisser inspirer par les personnes inspirantes, de suivre le chemin guidé par mes valeurs profondes, et de contribuer à ce changement de conscience global. Faire ma part de colibri.

Et ça passe aussi par ce blog !

J’ai autour de moi de nombreux témoignages d’hommes qui galèrent avec leurs enfants, qui doutent de leurs capacités, qui ont peur de leurs propres colères et de s’emporter, qui sont mal à l’aise avec leurs propres émotions, qui en ont marre de crier sur leurs enfants… et le témoignage initial est de toute première main, puisqu’il s’agit de moi-même, au début de cette aventure !

J’avais donc envie d’un espace traitant de parentalité positive qui soit animé par un homme, et qui s’adresse plus spécifiquement aux pères.

« Pour les mecs ? Pourquoi un tel positionnement ? » me diriez-vous… « C’est pas un peu… sexiste ça, non ? »

Ma réponse, c’est que je crois qu’il existe chez beaucoup d’hommes une contrainte interne à s’intéresser à ces sujets. Le poids de leur éducation qui crée des obstacles, le poids de l’héritage culturel pro-machiste qui nous formate : tout ça est bien réel. Et ça pèse vachement lourd même!

Les conséquences, ce sont des pères qui peuvent avoir tendance à ressentir de la honte à l’idée de porter les questions éducatives du foyer, de s’intéresser à l’aspect émotionnel de leur vie et de celle de leurs enfants.

Dans ces conditions, quelles peuvent être les ressources pour ces pères ? Que peuvent-ils réellement s’autoriser ? Comment nous libérer de ce poids culturel ?

Peut-être en arrêtant d’associer strictement éducation et femmes, émotions et féminin ? Sans glorifier un « entre mecs », je fais le pari que cet espace plus masculin pourra être aidant.

Le défi : aider les pères et futurs pères à gagner en confiance dans leurs capacités éducatives, en légitimité sur ces sujets, et en liberté quoi !

Il me tenait à cœur de construire, enrichir et partager cet espace…

Relax Dad était né !

N’hésitez pas à commenter cet article, et à le partager si vous l’avez aimé.

2 réactions au sujet de « Le défi »

  1. C’est chouette Philippe ce que tu fais. J’espère que beaucoup d’hommes te liront et aurons envie de partager leurs propres expériences au travers de ton blog.
    Je lui souhaite longue vie !
    Marie-Christine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *