J’ai plein de jugements sur mes enfants, et ça ne me plaît pas du tout !

J’ai plein de jugements sur mes enfants, et ça ne me plaît pas du tout !

Peut-être vous arrive-t-il d’avoir sur vos propres bambins des pensées pas très classes, qui ont pu vous heurter vous-même.

Il peut s’agir:

  • de jugements de valeur, d’évaluations : « il n’est pas si beau son dessin »
  • de comparaisons : « elle est beaucoup moins douée que sa sœur »
  • de critiques : « il chante comme une casserole ! », ou bien « quelle tête de mule celle-là ! »

Ces pensées sont porteuses d’une forte énergie négative.

– Attends, attends, attends ! Des jugements sur mes enfants, même si j’en ai des tonnes, ça reste que des pensées non ?

– Oui, t’as raison, ce ne sont « que » des pensées. Rien comparé à des paroles blessantes ou des actes violents, c’est sûr !

– Alors, c’est pas grave !

– C’est pas si grave pour tes enfants, on est d’accord. Mais pour toi ?

Ces pensées ne nous apaisent pas, ne nous procurent aucun bien-être.

Pire, notre mental possède cette incroyable tendance naturelle à croire en nos pensées. On peut donc être amené, malgré nous, à adhérer à ces jugements, à s’y accrocher, à s’en persuader, à les amplifier, à les ressasser, à les ruminer parfois.

Rien de très ragoutant.

Si rien n’est fait, toutes ces pensées négatives s’accumulent, et peuvent former une belle grosse boule de culpabilité.

Alors, que faire si vous vous apercevez que vous critiquez et jugez intérieurement régulièrement vos enfants, et que ça vous pèse ?

Comment faire pour transformer ces pensées négatives, et se libérer de cette culpabilité?

Je ne choisis pas mes pensées !

On peut certes choisir de penser à quelque chose (le menu du soir, les courses, …), mais ce que l’on nomme pensées apparaît spontanément dans notre champ de perception. Elles arrivent avec ou sans notre accord ! Nous n’avons donc aucun moyen actif pour choisir quelle pensées nous préfèrerions avoir ou non.

Ces pensées n’appartiennent pas à notre conscience intellectuelle (celle qui résout des problèmes par exemple), ni même à ces autres catégories de notre esprit que sont la conscience perceptive (des sensations internes et externes), la conscience intuitive (mode de connaissance immédiat), ou la conscience de soi (conscience réflexive).

Les pensées sont des représentations psychiques en lien avec notre personnalité (ou égo), qui s’est lentement construite par toutes les expériences de vie, l’éducation parentale, l’école, l’histoire familiale, sociale et culturelle.

Lorsqu’une pensée apparait, il s’agit de l’instant initial de la mécanique mentale, sur lequel nous n’avons pas la main !

Les anciens l’avaient bien remarqué : pensées vient du Latin « pensare » qui signifie peser, juger.

Vu sous cet angle, il est vain d’essayer de ne pas avoir de pensées jugeantes sur nos enfants.

Mais je choisis ce que je fais de mes pensées

Si l’on n’a pas la main sur nos pensées, on peut, en revanche, la reprendre sur ce qu’on fait de nos pensées. Et ça s’apprend !

La méditation de pleine conscience est une pratique très intéressante de ce point de vue. Elle fera l’objet d’un article à part, car ses vertus peuvent être réellement utiles pour vivre une paternité bienveillante. Il s’agit de s’entrainer régulièrement à ne pas suivre les pensées qui apparaissent, en recentrant volontairement son attention sur un objet, sa propre respiration par exemple.

La méditation est efficace pour être moins dans la réactivité, moins dirigé par ses pensées négatives.

Mais c’est surtout d’une autre technique empruntée à la Communication Non Violente dont je voulais vous parler ici. Je l’utilise depuis plusieurs années et je la trouve très pratique.

Prenons un exemple :

Nous sommes dimanche soir, vous réfléchissez à la logistique du lendemain matin, c’est vous qui préparerez Tchoupi.e pour l’école. Et là, vous revoyez votre enfant mettre ses 6 minutes pour attacher ses chaussures. Une pensée négative se pointe subitement, et l’accuse impitoyablement : « aussi lent.e qu’un escargot!! Et pas très dégourdi.e, en plus! ».

La méthode pour se libérer des pensées jugeantes

Étape 1) Trouver le sentiment associé à cette pensée.

Ici, vous vous sentez peut-être frustré, en colère, exaspéré, désœuvré, las…

Vous pouvez vous aider de cette liste des principaux sentiments liés à la colère.

Étape 2) Le sentiment qui vient d’être nommé et accueilli va permettre de toucher un besoin qui n’est vraisemblablement pas satisfait chez vous à ce moment précis. C’est lui qui est à l’origine de ce jugement. C’est lui qu’il faut aller voir !

Dans l’exemple, ce peut être une aspiration à l’efficacité, un besoin de fluidité, d’action ou de mouvement par exemple.

Vous trouverez ici une liste des besoins et aspirations.

Étape 3) Maintenant que le besoin est clairement identifié, la fin de cette pratique est de se connecter à l’énergie de ce besoin lorsqu’il est comblé. Comment vous sentez vous quand votre besoin d’efficacité, ou de fluidité est entièrement satisfait ?

Pour ma part je réalise cette étape en prenant de longues inspirations, en fermant les yeux quelques secondes, et en laissant l’évocation de ce besoin satisfait me remplir.

Le mental se calmera dès lors que le besoin derrière ces pensées jugeantes sera reconnu.

Prendre soin de soi pour être un père disponible

Vous voyez que grâce à cette méthode, vous partez d’une pensée négative, et vous nourrissez ce qui se cache de positif et de merveilleux en elle. C’est une excellente manière de transformer une énergie négative en énergie positive, sans se culpabiliser.

Car si vos pensées sont des jugements, c’est qu’au fond de vous il y a un besoin non satisfait (un besoin « en creux » comme les nomme la CNV), qui n’attend que d’être reconnu pour se détendre.

En résumé, les jugements sont d’excellents indicateurs de vos besoins profonds qui se manifestent afin que vous en preniez soin :

  • Lorsqu’un besoin est en creux, il va rapidement vous le faire savoir, et occupera une bonne partie de votre attention, ce qui laisse moins de place à l’écoute des besoins de vos enfants, à votre capacité d’être un soutien pour eux, d’être patient.
  • Dès lors que vous écoutez vos besoins et trouvez des solutions pour qu’ils soient respectés, satisfaits ou reconnus, vous libérez en vous un espace permettant d’offrir de l’empathie à vos enfants.

Prendre soin de soi est une clé pour être disponible pour vos enfants !

N’hésitez pas à commenter cet article, et à le partager si vous l’avez aimé.

2 réactions au sujet de « J’ai plein de jugements sur mes enfants, et ça ne me plaît pas du tout ! »

  1. Merci p votre article.
    Je publierai les 2 tableaux je les colleraI en évidence dans la pièce principale et je m exercerai ..ça me parait faisable. A voir dans l action.
    Fan

    1. Bonjour Fan, merci pour ce retour 🙂 j’espère aussi que l’article et les tableaux pourront vous être utiles. N’hésitez pas à donner des nouvelles après les essais !

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